Vous pouvez tout à fait décider de vous partager une partie de la succession (les biens mobiliers notamment) et de laisser dans l’indivision la maison familiale. A défaut de convention, ce sont les règles légales applicables à l’indivision qui s’appliquent.

Il est cependant préférable de passer une convention d’indivision, qui vous permettra de définir les règles de fonctionnement et de gestion de cette propriété commune.

La convention d’indivision doit être établie devant notaire, dès lors que le bien indivi est un immeuble (maison, appartement, terrain). Elle doit comporter la désignation des biens indivis et l'indication des quotes-parts appartenant à chacun.

La gestion de l'indivision peut être confiée par les co-indivisaires à un gérant, choisi ou non parmi eux. Il aura pour mission de gérer les biens en indivision, de représenter l'indivision dans les actes de la vie civile et, éventuellement d’agir en justice dans l’intérêt de l’indivision. Il ne pourra cependant pas disposer des biens dont il a la charge.

Pour toutes les décisions excédant la gestion normale, l’unanimité des co-indivisaires est requises (sauf disposition contraire expressément prévue dans la convention d’indivision). Comme dans le régime légal, le gérant a droit à une rémunération pour son travail et il sera tenu pour responsable des fautes résultant de sa gestion.

La convention peut être à une durée déterminée ou indéterminée :

• à durée déterminée : elle ne peut être supérieure à 5 ans. Dans ce cas l'indivision ne peut être rompue pendant la durée mentionnée, sauf si un co-indivisaire peut justifier de motifs sérieux à sa demande en partage. De même le co-indivisaire mineur dispose d’un délai de 1 an après sa majorité pour demander le partage.

• à une durée indéterminée : dans ce cas, chaque signataire a la possibilité de demander le partage à tout moment en vertu de la règle applicable selon laquelle « nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision ». Mais si les autres héritiers préfèrent rester dans l'indivision, ils peuvent demander au tribunal d'accorder à l'indivisaire qui souhaite le partage sa part individuelle sous forme de liquidité.

En cas de demande de partage, la répartition peut s’effectuer à l’amiable ( par constitution de lots de valeur égale ou avec versement d’une indemnité appelée « soulte » en cas d’inégalité) ou par décision judiciaire (c’est alors au tribunal de grande instance qu'il revient de prononcer le partage).

A noter : Lorsqu'il y a partage judiciaire, le notaire, chargé des opérations de liquidation par le tribunal, divise la masse partageable en lots. Les lots constitués sont attribués par tirage au sort. Si le partage en nature de l’indivision est impossible, le ou les biens sont vendus aux enchères et le montant obtenu est réparti par un partage en valeur.

L'un des héritiers peut également demander au juge une attribution préférentielle pour éviter le morcellement d'un bien. Cette disposition, destinée d'abord à protéger les exploitations agricoles, s’applique également aux entreprises à caractère familial, aux locaux d'habitation et aux locaux commerciaux.

Source : Le Partenaire Européen